Histoire de l’ex-libris (Bookplate)
En anglais, on appelle souvent les ex-libris bookplates : de petites étiquettes ou estampes collées à l’intérieur d’un livre pour en indiquer la propriété. L’ex-libris associe histoire du livre, gravure et symbolisme personnel.
Origines dans l’Égypte ancienne
Réplique de la tablette d’Amenhotep III (Amenophis III), souvent citée comme la plus ancienne marque de propriété / ex-libris connue
Le plus ancien antécédent connu de l’ex-libris est une tablette égyptienne en argile cuite conservée au British Museum. Elle porte une inscription hiéroglyphique indiquant son appartenance à la bibliothèque du pharaon Amenhotep III (Amenophis III), qui régna approximativement entre 1391 et 1353 av. J.-C..
Le Moyen Âge et la naissance de l’ex-libris moderne
Au Moyen Âge, on trouve des mentions manuscrites de possession sur des manuscrits et des codex. Toutefois, l’ex-libris tel que nous le connaissons aujourd’hui apparaît avec l’imprimerie, et son évolution est étroitement liée à l’histoire de l’impression et de la gravure.
Hans Igler (v. 1450)
L’Allemagne est souvent considérée comme le berceau de l’ex-libris imprimé. L’un des premiers exemples documentés est attribué au clerc Knabensberg, connu sous le nom de Hans Igler (« Jean Hérisson »). Le motif représente un hérisson/porc-épic mangeant des fleurs sauvages — un jeu visuel avec le nom du propriétaire.
Wilhem von Zell (v. 1470)
Un autre ex-libris ancien daté est celui de Wilhem von Zell, issu d’une famille bavaroise possédant une bibliothèque notable, ensuite liée à la chartreuse de Buxheim. Les armoiries symbolisent le propriétaire et son épouse.
Hildebrando Brandenburg (v. 1470)
Un troisième exemple très ancien est associé à Hildebrando Brandenburg de Biberach, moine de la chartreuse de Buxheim. Son ex-libris, coloré, représente un ange tenant les armoiries familiales.
La Renaissance et la diffusion de l’ex-libris
À la Renaissance, l’ex-libris se diffuse dans toute l’Europe avec l’imprimerie. Des artistes comme Albrecht Dürer en Allemagne ou Lucas Cranach l’Ancien réalisent des ex-libris pour la noblesse et le clergé, renforçant le lien entre ex-libris, héraldique et prestige culturel.
Chronologie : repères de l’histoire de l’ex-libris
- 1391–1353 av. J.-C. : Tablette de propriété d’Amenhotep III (Égypte)
- v. 1450 : Ex-libris imprimé ancien (Hans Igler, Allemagne)
- v. 1470 : Ex-libris de Wilhem von Zell et Hildebrando Brandenburg
- 1503 : Albrecht Dürer crée un ex-libris pour Willibald Pirckheimer
- XVIe siècle : Diffusion dans toute l’Europe
Art nouveau / Modernisme : l’âge d’or de l’ex-libris
Ex-libris Art nouveau / moderniste du début du XXe siècle
Avec l’Art nouveau (Modernisme), l’ex-libris connaît un essor majeur et devient un vecteur des tendances artistiques. À partir de cette période, on publie des études monographiques, les premiers collectionneurs organisent des échanges, et des expositions se consacrent exclusivement à l’art de l’ex-libris.
Ainsi, l’ex-libris devient un support qui — au-delà de marquer la propriété d’un livre — met en valeur l’œuvre d’un artiste et nourrit la passion des collectionneurs et des bibliophiles.
Ex-libris artistiques
À l’époque de l’Art nouveau, des artistes comme Aubrey Beardsley, Alphonse Mucha et d’autres créent des ex-libris très recherchés et d’une grande valeur artistique.
Collection et échanges
Le collectionnisme se structure, avec des échanges d’ex-libris et une correspondance entre passionnés — une communauté internationale avant l’heure.
Expositions
Les premières expositions dédiées exclusivement à l’ex-libris contribuent à faire reconnaître les bookplates comme un art graphique à part entière.
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